Programme du 23ème Colloque International du GRET

Programme du 23eme colloque

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Vient de paraître : L’art de gouverner ou le courage de changer Plaidoyer pour une bonne gouvernance

L’idée centrale de ce livre part d’un constat : c’est que la crise politique est une réalité contemporaine ; elle affecte de manière variable et différenciée l’ensemble des systèmes politiques sans aucune distinction. Et tout un courant de pensée et de réflexion se déploie pour comprendre les raisons et les soubassements, mais aussi  pour proposer  les moyens appropriés en vue de  s’en sortir et les solutions adaptées pour mieux programmer les mutations et les refondations. La doctrine politique est unanime pour ramener cette crise à la mal-gouvernance  et à l’incapacité des gouvernants à accompagner les processus du changement en cours. L’Etat est partout contesté et critiqué ; il n’arrive plus à générer du mouvement face aux facteurs de fracture et de rupture, qui sont de plus en plus nombreux et complexes. Disons que l’Etat n’est plus ce qu’il était par le passé. On ne parlera plus de «  la fin de l’Etat »  ni de son épuisement politique, mais d’une nécessité politique de réadaptation dans un contexte international de plus en plus métamorphosé  et fluctuant. Autrement dit, ce qui est en jeu aujourd’hui, c’est que  l’art de gouverner a besoin d’adaptation, de rénovation et de modernisation pour affronter la complexité des temps modernes et les exigences fort complexes des populations. Cette idée constitue la matrice de ce livre qui présente tout un ensemble de problématiques enchevêtrées, interdépendantes et  complémentaires de nature économique, sociale, culturelle, urbaine, éthique ou géostratégique qui préoccupent les esprits et inquiètent les Etats depuis plus de trente ans au moins.

Les  textes constitutifs de cet ouvrage,  répartis en quatre problématiques stratégiques, versent vers une conclusion commune : l’urgence d’un « bon système de gouvernance » dans un monde déboussolé, fracturé, surchargé, difficile, complexe, conflictuel et incertain ; dans un monde où les promesses d’hier sont devenues fiction et mensonge aujourd’hui ; dans un monde ou la démocratie cède la place au populisme et à la médiocratie. Ce nouvel ordre politique est en voie de prolifération : il impose ses manifestes, ses tribunes charismatiques, ses pratiques et ses querelles d’école. C’est en réalité une nouvelle réaction qui se met en place à la suite de l’incapacité des gouvernants à créer de l’ordre et de la cohésion, du développement et du bien-être.    En deux générations, la certitude d’un progrès s’est peu à peu effacée devant l’évidence d’une régression sociale, politique, morale, éthique, économique et écologique. On ne comprend pas ce qui nous arrive. D’un échec à un autre, d’une crise à une autre, on s’est installé progressivement dans une « grande régression » qui se combine avec la barbarie, le terrorisme, la détestation de l’Autre, l’enfermement sur soi et d’autres problèmes plus graves encore relevant de l’ordre national comme de l’ordre international.

Il y a une urgence aujourd’hui à revoir nos pratiques de gouvernement, nos rapports internationaux et la problématique du développement humain dans le monde. Le titre du livre : « L’art de gouverner ou le courage de changer » renvoie à cette liaison étroite entre la manière de gouverner et l’exigence qu’il faut porter en soi pour pouvoir entreprendre une grande métamorphose, mais aussi ses perspectives, au moins pour plusieurs siècles.

L’objectif de ce livre est d’abord de comprendre pour mieux agir, ensuite de mettre en place les fondamentaux d’une gouvernance productive de projets, d’idées, de pensées et de compétences renouvelées et qualifiées ; une gouvernance qui  donnerait du sens à l’art de gouverner et à ses moyens d’action et de représentation.  Le livre est à la fois un questionnement et des évocations de quelques solutions. Il identifie les variables clés d’une prospection du futur susceptible de conduire à une réforme progressive et globale qui amène à la transformation nécessaire et à l’amélioration des instruments de gouvernabilité. D’où le nécessaire plaidoyer pour une bonne gouvernance des pratiques de gestion et, de manière générale, de la conduite de l’action publique. Ce qui est important aujourd’hui, ce n’est pas de changer parce que le changement s’impose à nous, mais de savoir manager les sociétés et de les conduire vers un futur maitrisé et heureux.

Le mot courage a été volontairement utilisé plusieurs fois dans ce livre pour des raisons tout à fait évidentes. Le courage est nécessaire partout, particulièrement pour les grands challenges et les grands défis. Dans le domaine qui nous concerne, l’histoire nous apprend qu’on ne peut gérer un Etat, réformer une société sans courage. Les grandes conquêtes, les grandes réalisations, les grandes expéditions, les grandes victoires, les grandes réformes réussies n’ont jamais été le résultat d’un hasard ou d’une chance, mais d’un courage sans limites. Celui-ci n’est pas l’expression ou le don d’un moment, c’est le courage à tout moment. Et aujourd’hui plus qu’avant, les décideurs publics comme les autres acteurs politiques et économiques doivent être armés non seulement de courage, mais aussi de compétence et d’intelligence.  Gouvernance et courage vont de pair.  On a du mal à les imaginer séparés. Et dans ces temps ou  les risques et les crises secouent les Etats et déstabilisent les politiques, nos dirigeants baissent les bras et sont souvent contre-exemplaires. Terrible période historique ou la lâcheté des dirigeants se nourrit de la faiblesse des vertueux et des hommes courageux. .

L’idée fondamentale sur laquelle repose ce livre est de préparer les conditions d’un savoir-gouverner beaucoup plus que gouverner tout court. C’est cela la bonne gouvernance.

 Cet ouvrage est une invitation à réfléchir sur les vicissitudes du pouvoir et l’urgence de mettre en place les fondements assurés et durables d’une bonne gouvernance. Totalement convaincu que la gouvernance démocratique et managériale est  la seule à donner l’impulsion de fonder un autre destin collectif, il faut rappeler que la  Providence ne décide pas de notre destin et l’avenir dépend des volontés humaines et du courage des décideurs.

Partant de ce constat, le livre n’a pas la prétention de tout traiter, mais il a fait la sélection d’un certain nombre de problématiques, au nombre de quatre,  qui nous paraissent importantes et autour desquelles  se pose la question urgente de modernisation du pouvoir et de sa transformation profonde.

Partie I.   Questions de gouvernance, de gouvernementalité et de modernisation politique : Entre métamorphoses et ambivalences

Partie II.  Questions des droits de l’Homme, de l’universalité et de  la mondialisation : entre abstraction et démystification

Partie III.  Questions euro-méditerranéennes et gouvernance des risques et des crises : entre sens et contre-sens, résignation et résilience

Partie IV.  Questions d’urbanité, de territorialité et de citoyenneté : entre discours et réalité

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 :Mots clés

Etat, gouvernance, gouvernementalité, art de gouverner, courage, régulation, réforme, modernisation, progrès, modernité, démocratie, citoyenneté, savoir, pouvoir, avoir, risque, crise, géostratégie, droits de l’Homme, valeurs, territorialité, urbanité, développement durable, changement, partenariat, universalité, mondialisation, sécurité, culture, euro-méditerranée

XXIIIème Colloque International du GRET

 XXIIIème Colloque international

 Les politiques publiques face à l’impératif démocratique et au bien-être-social

 Marrakech, le 20 et 21 avril 2018

  Appel à communication

Le Gret se prépare pour l’organisation de son XXIIIème colloque international en partenariat avec la Fondation Hans Seidel qui se tiendra à Marrakech le 20 et 21 avril 2018 autour du thème suivant :

Les politiques publiques face à l’impératif démocratique et au bien-être social.

 

Ce thème s’inscrit dans l’esprit  des colloques   précédents  ou nous avons eu à débattre  de nombreuses problématiques   : Etat, Administration, pouvoir, élites, droits de l’homme, partenariat, politiques de la ville, gouvernance publique, sécurité, aménagement du territoire,  modernité, mondialisation, géopolitique ayant donné lieu à des publications scientifiques édifiantes. Cette fois-ci ,nous avons pensé que le débat autour de la problématique des politiques publiques face à l’impératif démocratique et au bien-être social est une question actuelle, très  récurrente, car   les inquiétudes sur ces deux déterminants prennent, avec les crises économiques et sociales, une ampleur particulière. Les Etats sont appelés à prendre au sérieux ce danger pour éviter la dégradation  accélérée  de la démocratie et l’effondrement de la cohésion sociale. C’est le défi de l’avenir.

 

 Les politiques publiques sont au centre de la vie démocratique. Mais que nous apprennent-elles de son fonctionnement ? Pour le savoir, il faut comprendre comment les pouvoirs publics opèrent les choix, définissent les stratégies, arrêtent les programmes, luttent contre les inégalités, les fractures sociales et territoriales et créent les conditions favorables pour un développement égalitaire et équitable, durable et prospère fondé sur le partage et la confiance.

 

 Les politiques publiques  traduisent l’état des besoins et des objectifs à atteindre dont les règles de procédures ne sont pas établies à l’avance. La question primordiale est de savoir en quoi elles constituent l’outil privilégié du politique pour défendre la société contre la dislocation, les ruptures et les forces centrifuges. En montrant pourquoi et comment elles organisent sans cesse les intérêts sociaux et préparer l’avenir, on pourrait à partir  des démonstrations et des illustrations montrer de quelle façon le politique travaille et garantit l’ordre social dans un souci d’équité, de justice sociale et de bien-être individuel et collectif. Or toute politique  publique est indéniablement liée à l’action publique. Celle-ci, dans sa formulation actuelle, est étroitement liée à l’intelligence d’un gouvernement, d’une administration ou des structures représentatives à  pouvoir changer la vie et maitriser les évolutions, a préparer l’avenir et à consolider la cohésion sociale.

 

On peut d’ores et déjà penser qu’il y a entre les deux concepts de démocratie et de bien être-social  une étroite  corrélation ou, plus exactement, une  intense  complémentarité, l’une est la résultante de l’autre. Chacun de nous est convaincu aujourd’hui que la démocratie, en tant que régime et valeur, épanouissement culturel et moral, est en crise. Nous l’avons vu passer d’une période ou elle a réussi à rallier, au-dedans, les contradicteurs qu’on pensait les plus réfractaires, à une autre ou elle a perdu ses couleurs, ses repères, se vider de sa substance et s’éloigner de ses  principes. Elle s’est  laissée   affaiblir  par les nouvelles forces de la régression qui ne cessent de s’amplifier et de prendre de la surface: le populisme, l’intégrisme et autres extrémismes. Un autre monde se construit devant nous sans que nous ayons la force de l’arrêter ou même de le comprendre. Intellectuellement, nous sommes saisis par la peur et l’incertitude.   N’est-ce pas la plus grande démocratie du monde, les Etats Unis d’Amérique, est  devenue otage d’un personnage politique, narcissique et mégalomane, agressif et imprévisible, qui menace l’équilibre et la paix dans le monde. Ailleurs aussi, dans le vieux continent européen, ou la démocratie a pris racine, les signes d’une régression politique due à la montée en puissance des forces populistes et nationalistes, sont alarmants. Il y a de quoi s’inquiéter.

 

La démocratie survivra-t-elle à son triomphe ? On peut le croire à condition que  les politiques publiques, émanant des appareils de l’Etat, puissent  changer de priorités, de méthodes, de cibles et d’objectifs et faire du développement une stratégie globale, car  certains Etats, surtout autoritaires, ont cru à un moment que la thèse du « ventre plein » suffirait pour instaurer la démocratie, or celle-ci  ne remplit pas l’estomac, elle a besoin d’un épanouissement matériel , psychologique , moral , culturel, spirituel et professionnel des citoyens.  Aussi, la grande difficulté des démocraties modernes est qu’elles n’ont pas réussi  la constitution d’une unité sociale et politique à partir de l’émancipation  des individus de toutes les formes de servitudes et d aliénation,  des inégalités, des injustices sociales et de toutes les frustrations.

Ce constat met en relief la situation actuelle du politique et du social particulièrement dans les pays en développement .Elle demeure néanmoins un souci permanent dans les débats controversés sur l’efficacité de l’Etat, notamment lorsque l’action publique est remise en question et les revendications de la justice sociale s’exacerbent davantage.  Ceci est partout vrai si l’on sait comment sont gérées les questions pressantes de l’exercice du pouvoir, de la pauvreté, des inégalités, des discriminations, du logement, du travail, des vulnérabilités, de l’accès aux services publics de base et de la sécurité sociale…..Le problème, c’est que malgré les tentatives de démocratisation du  pouvoir et l’amélioration des dépenses sociales dans certains  pays en développement, les contestations sont toujours à l’ordre du jour et atteignent parfois des proportions inquiétantes. De nombreux Etats dans le monde ont perdu leur crédibilité et leur efficacité en raison de leur incapacité à trouver des solutions adaptées aux problèmes sociaux.   Les gens ont tendance à demander à l’Etat qu’il réforme, mais on doit attendre tout autant qu’il se réforme et qu’il manifeste de l’intérêt pour les questions de pouvoir et de société, de démocratie et d’ordre social.

 

Les échecs enregistrés aujourd’hui dans de nombreux pays du monde, dus aux mauvais choix des politiques publiques, ont ancré dans les esprits une image peu reluisante sur la gouvernance publique en général et les discours ou les promesses du politique  en particulier.

 

Partant de ce constat, les modes de gouvernance publique doivent être profondément  revisités dans l’espoir d’amortir la probabilité des chocs majeurs des crises politique et sociale et d’atténuer leur impact afin qu’ils évoluent vers un avenir apaisé  fondé sur la paix et l’entente, la solidarité et le partage. Les attentes à l’égard de l’Etat, comme étant régulateur et stratège, garant de l’unité et de la cohésion sociale, sont considérables en matière de consolidation  de la démocratie et de la réalisation du bien-être social. Reste à savoir comment, selon quelles modalités, quels processus, quelle méthodologie, quelle gouvernance,  quels instruments, quelle stratégie, quels programmes et quels choix, imposés ou négociés, avec quels acteurs et quels moyens, humains et financiers.

 

D’un autre coté, le thème du bien-être social, très à la mode  aujourd’hui, décliné tant sur les panneaux publicitaires que dans de nombreux écrits à caractère philosophique ou scientifiques sur le sujet est la seconde priorité de l’Etat contemporain.  Et cela semble naturel dans une société  qui cherche à apporter satisfaction à tous ses membres. Après une phase de forte croissance économique qui a modifié sensiblement les modes de vie des citoyens, leurs préoccupations actuelles se focalisent autour du bien-être et du bonheur collectif.  Une partie de l’humanité ne peut vivre bien si l’autre est dans le mal- être ou si elle y parvient aux dépens des générations futures. Une société ne peut vivre en paix si les riches et les pauvres se regardent en chiens de faïence, si les citoyens sont désabusés par les fausses promesses et les faux espoirs, si les jeunes générations sont plongées dans le désarroi, si le peuple a perdu confiance en son avenir, si la démocratie est dévoyée vers des objectifs vils et immoraux. Si l’espérance est morte.

 Nous sommes face à une urgence de renouvellement généralisé qui devra s’appuyer sur une approche de coresponsabilité  et de gouvernance plus inclusive dans un contexte de mondialisation  qui ne le rend pas aisé.

 

Démocratie et bien-être  social  apparaissent comme étant deux principes mobilisateurs pour une société de droit et pour un nouveau projet de société fondé sur les valeurs de solidarité, de partage, d’équité, d’égalité, de justice sociale,  de paix et de responsabilités partagées.  Ils deviennent des concepts inclusifs dans le vrai sens du terme dès lors qu’ils ouvrent la voie pour un destin commun construit autour de l’idéal d’un mieux-vivre-ensemble.

 

L’utilité d’un débat, fécond et pluriel, autour de cette thématique de démocratie et de bien-être social, n’est plus à démontrer. Que toux ceux et  toutes celles qui sont impliqués, d’une manière ou d’une autre, dans les recherches sur les politiques publiques, sont cordialement invités pour nous apporter leur éclairage scientifique  et leurs propositions en vue  susciter le réveil des consciences collectives, particulièrement les décideurs et les acteurs placés en première ligne dans la hiérarchie du pouvoir ainsi que la communauté internationale et les citoyens. Le but étant de prospecter  la meilleure voie pour l’avenir de l’humanité. Cette voie doit substituer à la faiblesse de l’Etat et à l’incurie du politique, le courage de l’action, à l’hégémonie de l’individualisme, la noblesse de la socialité et de l’inclusion, à l’obsession du pouvoir, l’obsession de la démocratie et de l’humanisme, à l’encouragement de l épanouissement d’une minorité, la recherche de la prospérité de masse.

A chacune  et à  chacun de vous, je vous dis un grand merci pour l’intérêt que vous accordez aux activités du GRET ,et que nous serions très heureux de vous accueillir si vous venez pour la première fois, comme  nous aurons plus de joie à retrouver  nos fidèles amis qui nous ont tant donné tout le long de  cette belle aventure scientifique qui dure depuis plus de vingt ans déjà, en connaissances et en amitié sans oublier les beaux souvenirs.

 

                                                        Ali SEDJARI

                                                  Président du GRET

fichier doc Formulaire de participation 2017

 

Programme du colloque

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22ème Colloque international 27-28 Avril 2017 Marrakech

Nouveau22ème Colloque international

27-28 Avril 2017

Marrakech

Appel à communication

         Après le succès des précédents colloques, le prochain rendez-vous, le 22ème de la série, sera organisé à Marrakech les 27 et 28 avril 2017, en collaboration avec nos partenaires traditionnels : La Fondation Hans-Seidel, Sup’ de Co Marrakech, la Délégation Interministérielle des Droits de l’Homme (DIDH), la Fondation Abdellah Lazrak et l’Institut Français de Marrakech :

 

 

Le vivre-ensemble entre les valeurs et le droit.

 

 

Le choix de ce thème a pour origine une inquiétude, une inquiétude, que nous vivons aujourd’hui,  sur l’écroulement politique de notre monde actuel et sur la crise des valeurs que nous observons, laissant les peuples du monde dans un désarroi profond. Mais, somme toute, cette crise nous concerne tous pour qu’il soit nécessaire que  nous y intéressions et que nous cherchions à comprendre les raisons de cette détérioration, de ce recul des valeurs, de cette haine incompréhensible qui nous dévore, de cette difficulté à vivre-ensemble, à cohabiter et à échanger, afin d’agir pour nous en préserver et éviter de nous plonger dans le repli et la détestation. L’une des pires craintes est que l’humanité perdra ses racines terriennes et ses valeurs, et cèdera à la barbarie, à la guerre, au mal et à  la négation de l’autre.

 

Depuis plus de vingt ans en effet , notre actualité  est faite d’événements tragiques, de conflits territoriaux graves , de crises et de risques effrayants,  aux conséquences néfastes sur les  rapports entre les peuples et les nations , entre les cultures et les civilisations, engendrant des perturbations fortes et des dislocations profondes  ayant conduit à l’affaiblissement  des liens sociaux  et à la montée en puissance des sentiments de rejet, de haine, de sectarisme, de racisme, de xénophobie et de détestations mutuelles. Le monde va mal, marqué par un excès de langage et des exacerbations perceptibles, un monde qui nous fait basculer de la complexité à la perplexité, et on finit par ne rien comprendre, retranché sur nous-mêmes avec des inquiétudes fortes et des incertitudes troublantes. Les peuples du monde communiquent mal ou pas du tout; ils font la guerre, manifestent des ressentiments, dressent des murs, refusent la solidarité et verrouillent leurs territoires. Nous vivons une profonde crise  d’humanisme et de solidarité avec les autres, aggravée par toute une série de facteurs et de symptômes : immigration, terrorisme, guerres, conflits, divergences culturelles et civilisationnelles face auxquels les Etats sont dépassés, les élites impuissantes, les peuples manipulés ou aliénés. Le mal est partout, au-dedans et au-dehors de nous ; il ronge les esprits et dépérit notre humanité. On ne sait plus ce que nous sommes, ce qui nous sommes.

 

A la faveur de ces crises, nous voyons apparaître partout dans le monde des tendances régressives, des groupes sociaux fondés sur la tentation de réhabiliter les identités, de s’accrocher aux fermetures du communitarisme, au rejet de l’autre, de l’étranger, à la peur, à l’angoisse et, pire encore, à la haine, tendances à la fois légitimes et illégitimes. Ce danger existe ; on le vit au quotidien à travers la dictature des faits divers et la marchandisation des angoisses dans les systèmes d’information, des médias, des réseaux sociaux qui nous renvoient en temps réel des images tragiques et violentes (viols, assassinats collectifs, tueries, crimes organisés, violences diverses…). La montée en puissance des radicalités, du populisme et de la démagogie, de l’intégrisme et du terrorisme, ravive les angoisses, fait monter le niveau de la peur et de la haine exprimé par un vocabulaire agressif et négatif. L’enjeu principal est politique et religieux qui fournit une vision fermée, exclusive, monopolistique de la vérité et qui joue un rôle décisif dans les conflits internationaux  et les rapports  géostratégiques.

 

Nous sommes face à une situation où cette composante politico-religieuse est ce qui favorise de par et d’autre le pire et le radical : ce qui conduit à une régression générale des valeurs. Paradoxalement, on en revient à utiliser la loi et le droit pour exclure et non pour inclure, on réduit la liberté au bénéfice de la sécurité. Aujourd’hui, le légalisme stigmatisant est une réalité. Les restrictions à la mobilité, au déplacement, à la différenciation et à l’exercice de la liberté sont monnaie courante. Le politique sème la discorde, le religieux attise les conflits et la violence ; ils contribuent ensemble, de manière séparée ou concomitante, à la réalisation d’un même objectif : désagréger et séparer. La religion nous prépare un modèle passéiste, traditionaliste, fossilisant et sclérosant ; la politique un avenir incertain et abstrait, sans projet ni vision. C’est dangereux.

 

Face à cette situation angoissante, nous avons besoin d’une libération intellectuelle, d’une nécessité à reproduire une pensée humaine juste et tolérante, et à rétablir une vision plus ouverte, plus confiante et donc plus exigeante en matière de changement. Il faut se réconcilier avec notre humanité et retrouver le sens de la raison et de la générosité pour créer des espaces communs faits de convivialité et d’échange, de fraternité et de respect.

Et pourtant le progrès existe ; la modernité avance mais les déchirements augmentent et les mentalités sont de plus en plus accablantes, se radicalisent et tournent le dos à la fraternité, à l’humanisme et à l’universalisme. Il y a une grave défaite de la pensée marquée par l’absence de projets et de vision, d’humanisme et d’intelligence. Comment penser la culture pour se nourrir de l’autre ? Comment penser le politique pour changer le regard sur l’autre ? Comment penser la religion  pour respecter celle des autres ? Comment enseigner et vulgariser les valeurs ? Car en ce temps de ruptures, nous vivons une religiosité asséchante, aliénante  ou on culpabilise les consciences et encourage les radicalités des plus meurtrières. Le résultat est affligeant. Les politiques sont impuissants face a la montée des violences et des conflits. Tous les moyens sont bons pour dresser une population contre une autre, une communauté contre une autre,  une culture contre une autre,  une civilisation contre une autre,  une religion contre une autre. Le mal est  profond ; il se dégénère et met à mal le devenir de l’humanité. Les responsabilités sont partagées.

 

Par bien des côtés, le 21ème siècle apparaît comme le siècle de l’escalade des ruptures, de dislocations en chaîne dans tous les champs : une fuite en avant sous le signe de la déstabilisation, de la césure, de la discontinuité. Nous ne pouvions sortir indemnes que par un mouvement général de promotion de la pensée, car les sociétés n’évoluent que par ce biais. Ce qui pose à titre principal le problème du système d’éducation et de formation. Après les attaques terroristes de ces dernières années, violentes et aveugles, la quasi-totalité des Etats du monde ont compris que  la reconstruction du vivre-ensemble est  tributaire de la refondation intégrale de ce système. Encore faut-il passer à l’action et instituer une pédagogie renouvelée pour nous aider à apprendre à vivre, d’abord comme citoyen d’une nation et aussi comme citoyen du monde. Et c’est à ce niveau qu’il y a urgence d’une réforme du système d’éducation qui enseignerait la connaissance de l’autre, la complexité humaine, les sciences humaines, les religions du monde et plus fondamentalement encore, les savoirs philosophique et sociologique, les arts et les cultures.

 

Le vivre-ensemble est l’une des grandes questions du temps, et nous sommes confrontés à une absence de possibles. Comment en est-on arrivés là ? Qu’est-ce qui, dans la nature de l’Homme, le permet ? Comment se donner des règles démocratiques pour en limiter les dégâts humains et sociaux ? Ne faut-il pas revenir vers une question clé : qu’est-ce que vivre ?

 

Le vivre-ensemble ne se décrète pas, il se construit. Il n’est pas seulement un concept, c’est une problématique imposant une investigation dans tous les champs de la connaissance et des savoirs : philosophie, historie, anthropologie, politique et religion. Nous sommes appelés à apporter des réponses à une  multitude de questions  qui empoisonnent la vie des humains et à réfléchir ensemble sur   les jalons durables d’un mieux- vivre collectif:

 

  • -         Quel rôle pour l’Etat dans cette phase de ruptures ?
  • -         Quel est la place du droit dans les mutations des valeurs ?
  • -         Quel est le rôle de la société dans l’enracinement du vivre-ensemble ?
  • -         Quelle est la place de la religion dans la société actuelle ?
  • -         Quel est le rôle des systèmes d’éducation et de formation dans la fabrication du commun et la production de la paix ?
  • -         Comment enseigner et vulgariser l’interculturalité pour une société-monde ?
  • -         Comment mettre un terme aux stéréotypes qui guettent lorsqu’ on parle de vivre-ensemble ?
  • -         Comment réaliser un collectif humain digne  de ce nom ?

 

Autant de questions pour chercher à comprendre en vue d’envisager la mise en œuvre de nouveaux mécanismes et de nouveaux moyens pour ouvrir la voie vers un idéal que nous n’avons pas réussi à lui donner de sens et de l’effectivité : celui d’une communauté humaine solidaire, communicative et respectueuse des uns et des autres. Et c’est autour de ces trois valeurs fondamentales, solidarité, proximité, humanité que nous devrions construire un mieux-vivre-ensemble. L’objectif étant d’intensifier l’humanisme et de pacifier la violence, car la violence engendre la vengeance. Ce qui est dangereux aujourd’hui, c’est cette minorité bouillante et très agissante, active et destructrice, qui nous menace en nous imposant sa « vérité », son archaïsme, son mode de pensée, et utilise avec une extrême efficacité tous les moyens qui sont à sa portée (Facebook, Youtube, Twitter…). Des populations entières se sentent aujourd’hui humiliées, écrasées, apeurées, livrées à elles- mêmes. Et ceux qui sont censés les défendre sont impuissants : Etats, ONU, UNESCO et autres organisations internationales.  Au moment même ou ces organisations  palabrent, rédigent des conventions et des chartes, organisent des forums et des assemblées  sur le dialogue des religions et des civilisations, abrités souvent par ces mêmes Etats qui sont à l’ origine de la déstructuration humaine et de la détérioration des valeurs, la violence gagne de plus en plus du terrain et s’intensifie. Faut-il les croire alors qu’elles ne parviennent   même pas à neutraliser le mal  ni à maitriser les défis élémentaires et les enjeux de base. Penser le vivre-ensemble, c’est penser aussi les problèmes de gouvernance  et du pilotage des politiques publiques.

 

Le réel est dur, incohérent et parfois insaisissable.  Le vécu est parsemé de violences et de tragédies. La religion fait mal, la politique aussi. L’une et l’autre ne cessent de produire des monstres. Elles obéissent à une double orientation, celle de la domination et de l’aliénation. Toutefois, elles ne sont pas les seules à être responsables de nos maux, « le capitalisme des catastrophes » aussi une grande part de responsabilité, sans minimiser pour autant les multiples effets négatifs de la mondialisation. Nous sommes appelés à réfléchir en profondeur sue ce qui nous fait mal, sur ce qui nous déshumanise. Cette question du mal est fondamentalement politique et religieuse, et notre mode de pensée doit se focaliser sur ces deux éléments. Aussi,  « La marche du monde a cessé d’être pensée par la classe politique », dit l’économiste Jean-Luc Gréau. Elle n’a pas de pensée. Elle n’a pas de culture, pas de charisme non plus. Elle manœuvre plus pour sa réélection que pour la défense d’un vouloir vivre-ensemble. Elle ignore les sciences humaines, les sciences sociales, la culture des autres, les méthodes qui seraient aptes à traiter  les maux et les déchirements de notre monde. Devrions-nous se méfier  alors de ceux qui font la politique et la religion, ou les deux en même temps ?

 

Aussi, la régénération de la pensée politique, culturelle, humaine et religieuse suppose un examen critique et une volonté de transformer, de relier les parties au tout, le tout aux parties, et qui puisse concevoir la relation du global au local, du national à l’international. Elle doit engendrer une réforme éthique, celle de la famille, de l’adolescence, des jeunes, des moins jeunes. Ce qui n’empêche pas de commencer pour éviter la dégradation des valeurs, une réforme des structures et des organisations, des normes et du droit, s’avère indispensable.

 

Il en résulte que le vivre-ensemble est une problématique complexe, enchevêtrée, qui fait appel à des interrogations plurielles et  pluridisciplinaires. Et chacun de nous, en fonction de son affiliation scientifique et de son centre d’intérêt, est invité à prendre part à ce forum de réflexion  et de débat pour élucider les causes de la désagrégation et entrevoir des changements méthodiques et pratiques pour réparer ensemble le tissu déchiré du monde en créant des liens qui libèrent et des valeurs qui sédimentent  et relient.

 

Aussi, le sens  qu’on donne au vivre –ensemble n’est pas mécanique, vivre avec un minimum de convenances et de valeurs communes pour que l’ensemble ainsi formé  tienne un peu de tout, mais dans un objectif  commun ou une cause commune. Nous sommes arrivés à un point de rupture et c’est contre celle-ci que nous devrions agir pour éviter de sombrer dans la barbarie des terroristes ou la myopie du capitalisme déshumanisé. Il serait banal d’affirmer que chacun de nous à besoin de l’autre et qu’on ne peut pas vivre en autarcie ou chacun doit rester dans ses rangs sans se faire remarquer. Nous sommes condamnés à travailler ensemble, à échanger, à dialoguer et à partager la connaissance et le savoir, les biens et les services, les inventions et les expériences, à protéger ensemble la terre et la nature qui sont notre bien commun. L’urgence est d’agir en vue de réussir l’ancrage du vivre-ensemble dans le tissage du futur, mais cela dépend de la qualité des politiques que nous produisons dans tous les domaines de la vie sociale, économique, politique, culturelle,  religieuse et géostratégique. Il faut un plaidoyer pour la fraternité. Car cette notion ne figure pas dans nos livres scolaires et  dans nos systèmes de formation et de développement personnel ; elle est à la fois idéale et très concrète, et transcende les frontières entre les cultures. Il s’agit d’un universel « concret », l’idéal et de tisser des liens entre toutes les fraternités. Ainsi, les Etats ne sont-ils pas appelés à devenir des tisserands pour recréer le lien et élaborer des instruments juridiques et techniques pour rendre  cette fraternité possible, vivante et durable.

 

En attendant vos réactions et vos suggestions, tout le plaisir est pour moi de vous revoir ou de vous accueillir, du moins  pour ceux et celles qui viennent pour la première fois, recevez mes chers(es) amis(es), l’expression des mes salutations très cordiales.

 

 

                                                                      Ali Sedjari

                                                                    Président du GRET

                                                                   fichier pdf Grands axes colloque fichier pdf Formulaire de participation 2017

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Programme du Colloque

 

NouveauProgramme du Colloque

 

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 NouveauComité d’organisation

 

  • Pr. SEDJARI Ali                : sedjariali@yahoo.fr     GSM : 00 212(6) 61 43 71 71
  •     Mme DERROUS Aouatif : aouatifderrous@yahoo.fr    GSM : 00 212(6) 61 16 72 30
  •     M.Abdessamad DIALMY
  •     Mme. Aouatif DERROUS
  •     Mme. Wafaa TAMZINI
  •     M.Tariq AKDIM
  •     Mme.Soukaina TAOUAFIK
  •     M.El Houssaine ENNACIRI :  nahoucine@yahoo.fr    GSM : 00 212(6) 68 65 88 90

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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XXIème Colloque International

XXIème Colloque International

5-7 mai 2016 – Marrakech, Sup de Co

La Modernité inégale : Pouvoirs, avoirs et savoirs

Dans la construction d’une démocratie généralisée Comme chacun de nos colloques précédents, ayant donné lieu à des publications scientifiques pertinentes, le thème de « La Modernité inégale », retenu pour le prochain colloque international du GRET qui se déroulera à Marrakech les 4-6 mai 2016, en collaboration avec la Chaire UNESCO des Droits de l’Homme, la Fondation Hanns-Seidel, l’Université Mohammed V de Rabat, Sup de Co de Marrakech, la Délégation interministérielle des Droits de l’Homme, l’Ecole de Gouvernance et d’Economie (EGE) de Rabat et d’autres partenaires nationaux ou internationaux qui vont se joindre à nous ,a pour origine une inquiétude, une inquiétude banale et partagée, sur la société et sur le monde dans lequel nous vivons et vont vivre les générations d’avenir. Sans doute, notre époque inquiète, choque et pose les questions suivantes : comment  vivre ensemble ? Comment apaiser les menaces, les tensions et les conflits
actuels? Comment être moderne ? Et qu’est-ce qu’être moderne ? De quelle modernité parlons-nous ?

D’abord de celle de la pensée et de la rationalité, ayant conduit aux innovations technologiques qui ont permis à l’homme de maîtriser la nature. Ensuite de celle qui permet à chacun d’avoir accès aux richesses, aux savoirs, et d’être acteur du devenir individuel et collectif. Dans ce sens, la modernité est une rupture avec les traditions négatives du passé et avec la tyrannie du pouvoir établi. Elle est alors philosophique, scientifique, technologique, sociale, économique et politique. Elle est culture nouvelle dans la mesure où elle produit un changement constant et permanent dans les normes, les manières d’être, d’agir, de vivre, de penser, de gouverner.
Cependant, progressivement, nous devenons incapables de faire de la modernité un bien commun et une voie salutaire pour construire un modèle de démocratie généralisée fondée sur le partage, l’échange, la communication et le dialogue. La démocratie est sérieusement mise à rude épreuve dans les sociétés d’aujourd’hui à cause de la montée en puissance des intégrismes multiples, des radicalités diverses et du terrorisme. La modernité est alors vécue comme inégalités et frustrations, tant au niveau national qu’international. Les graves discordances dans l’accès au savoir, à l’avoir et au pouvoir sont patentes, particulièrement dans les pays du Sud. La modernité en tant que pratiques politiques d’exploitation et de domination trahit l’idéal d’une modernité apaisante. Les temps actuels sont en effet des temps de dislocation et de désordre, de conflits et de massacres.
La question se pose alors de renouer avec l’idéal de la modernité, celui d’un monde apaisé qui coupe avec les absolutismes religieux et politique. Comment alors sortir la modernité de sa crise et faire en sorte qu’elle redevienne un credo universel, le ferment d’une nouvelle Renaissance ? Comment amener l’ensemble des nations à croire en la démocratie, à l’instituer ? Comment faire pour que le capital et l’argent ne soient pas les véritables maîtres du monde ?
Comment faire accéder l’ensemble des individus au savoir ? Et comment transformer le savoir en sagesse, en morale civile respectueuse de toutes les différences ? Comment faire pour que le savoir, l’avoir et le pouvoir se combinent dans une démocratie généralisée, au service d’une modernité plus achevée, celle d’un mieux vivre-ensemble ? Comment arriver à un usage politique équitable des savoirs et des avoirs ? Comment faire de la modernité une force de convergence entre les peuples et les cultures ? Comment résoudre les contradictions entre science et religion, entre théocratie et démocratie, entre universalité et spécificité, ces contradictions qui empêchent la modernité de s’instaurer de manière égale dans tous les pays et dans tous les c hamps sociétaux ?
Ce sont là les questions majeures que le colloque aura à traiter, et qui laissent entrevoir son objectif stratégique, celui de contribuer à la réhabilitation de la modernité comme le modèle par excellence du mieux vivre ensemble.
Par conséquent, les axes du colloque se laissent définir comme suit :
Axe 1 : Naissance et histoire et principes de la modernité : la gestion moderne du pouvoir, du savoir et de l’avoir.
Axe 2 : Etat des lieux : comment le pouvoir, le savoir et l’avoir sont-ils gérés dans les pratiques? Comment se combinent-ils ? Etude de cas : a) l’inégalité dans la modernité entre nations, entre le Nord et le Sud, b) la modernisation inégale des champs politiques, religieux, économiques, technologiques, sociaux, sexuels, scientifiques…, crises et insuffisances de la modernité pratique.
Axe 3 : Obstacles à la modernité partagée. Comment sortir de l’impasse ? Comment partager la modernité ? Comment la rendre plus achevée? Pistes de réflexions, recommandations pour un nouvel ordre moderne…
Nous nous adressons à chacune et à chacun de vous, à nos fidèles contributeurs et aux chercheurs intéressés, à celles et à ceux qui veulent nous enrichir de leur expérience et de leur intelligence de nous faire des propositions de communication dans l’un des trois axes mentionnés.

fichier pdf Appel à communication -La modernité inégale- Version finale

 

Nouvelles Publications du GRET

 

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Etat, gouvernementalité et gestion du changement

(Editions L’Harmattan, 2015, Sous la direction de M.Ali Sedjari.)

C’est quoi gouverner aujourd’hui ou, plus exactement, que signifie l’art de gouverner? Si cette question a toujours été au centre de l’analyse politique ayant donné lieu à une profusion d’idées et de pensées, elle continue de susciter autant d’interrogations que de controverses à la recherche de la crédibilisation de l’action publique dans un contexte sociopolitique et géostratégique qui ne cesse de se complexifier et se transformer.

L’art de gouverner, qui a fini par donner naissance à une nouvelle discipline scientifique, les «sciences du gouvernement», consiste à s’interroger sur les instruments et la boîte à outils de la gouvernabilité et sur le rôle décisif que doit jouer l’Etat dans la gestion du changement et la transformation positive de la société.

C’est dans ce débat percutant et récurrent qu’intervient ce livre collectif. Il a  l’avantage de nous livrer des regards croisés, des réflexions pertinentes et pluridisciplinaires, interrogeant autant les théories que les outils et les expériences en cours à la recherche d’une «gouvernementalité» (Foucault) meilleure allant de pair avec une gouvernance novatrice et performante.

 

pouvoir et contre pouvoir

Pouvoir et contre-pouvoir 

à l’heure de la démocratie et des droits humains

(Editions L’Harmattan, 2015, Sous la direction de M.Ali Sedjari.)

Dans ce contexte de ruptures et de bouleversements profonds qui ont lieu sous nos yeux, toutes les vérités sur les schémas classiques de l’exercice du pouvoir et du monopole légitime de l’Etat sont remises en cause. Des facteurs nouveaux – mondialisation, démocratie, droits de l’Homme – ont mis à mal les attributs de la souveraineté de l’Etat. Et à l’heure où chaque personne aspire à vivre autrement et différemment, dans la dignité et la possession de ses droits et de sa citoyenneté, les rapports entre l’Etat et la société évoluent nécessairement vers une nouvelle structuration du pouvoir et des rapports de forces équilibrés.

La doctrine politique, élaborée minutieusement et méthodiquement depuis le 19e siècle sur le principe de la séparation des pouvoirs, semble atteindre son terme après avoir joué un rôle important dans notre imaginaire politique et juridique. Le temps historique de cette doctrine est perturbé aujourd’hui par l’émergence d’un nouveau contexte sociopolitique et économique qui a donné naissance à de nouveaux acteurs et à de nouvelles structures issus de la mondialisation, de la nouvelle idéologie des droits humains et du développement de la démocratie pluraliste exerçant réellement un pouvoir matériel déterminant.

Des «contre-pouvoirs» font irruption un peu partout dans la sphère internationale et suscitent une réflexion politique nouvelle qui conduit à la correction du principe traditionnel de la séparation des pouvoirs et à l’expérimentation de nouvelles modalités de partage du pouvoir.

Ce livre collectif, nourri de réflexions pertinentes appartenant à des champs multiples de la connaissance et des savoirs (sociologie, philosophie, science politique, science administrative, science économique et financière, relations internationales, géopolitique…), se veut être à la fois analytique et prospectif sur les nouveaux facteurs qui opèrent des ruptures fortes dans l’exercice du pouvoir avec le souci d’établir les règles d’une politique nationale et internationale négociée, démocratique et autorégulée. II ouvre un débat capital sur le choix de la société à venir dans le cadre d’une seconde modernité politique qui s’affiche à l’horizon.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le 20ème colloque international : Etat, gouvernementalité et changement.

NouveauLe Symposium commémoratif du 66ème anniversaire de la  Déclaration Universelle des Droits de l’Homme

Mercredi 10 Décembre 2015 à 9h00

« Droits de l’Homme et droit au développement : Pour un mieux-vivre ensemble »

fichier pdf programme symposium

NouveauLe 20eme colloque  international

fichier pdf Argumentaire_

J’ai le plaisir de vous informer que le GRET organisera son 20eme colloque  international le 23 et 24 avril 2015 à Rabat en collaboration avec nos partenaires traditionnels la Faculté de Droit de Rabat et la Fondation Hans Seidel et d’autres partenaires qui se joindront à nous, sous le thème :

Etat, gouvernementalité et changement.

Ce colloque sera pour nous un moment très important puisqu’il couronne vingt ans d’une intense activité scientifique marquée par des réflexions pertinentes et des productions scientifiques qui font autorité. Nous voulons faire de ce rendez-vous exceptionnel une synthèse féconde de toutes les

problématiques que nous avons analysées jusqu’à présent.

Pourquoi le choix d’une telle thématique ? Après avoir mené des réflexions approfondies et transversales sur les questions de gouvernance et les théories politiques qui la sous-tendent, il nous a paru essentiel de transcender l’effort de théorisation et d’interpellations critiques pour aborder cette fois-ci les pratiques du pouvoir elles-mêmes et leurs effets sur le fonctionnement et le développement de nos sociétés. Car il va sans dire que le problème qui se pose 2 aujourd’hui, est non pas de se contenter de mieux gouverner, et on parlera alors de gouvernance, mais d’interroger l’art de gouverner, et on désignera cela par gouvernementalité selon l’expression célèbre de Michel Foucault.

Que signifie le terme « gouvernementalité » ? Chacun sait en effet que tout Etat gouverne, c’est sa fonction essentielle, mais il ne doit pas le faire n’importe comment ; il y a des arts de gouverner qui promeuvent le bien-être collectif et d’autres qui font le contraire ou sèment la confusion, mais ils sont tous à interroger et à évaluer.

Le thème Etat, gouvernementalité, changement présente certes un triptyque qui renvoie à la question essentielle des nouveaux rôles que doit jouer l’Etat dans la conduite du changement. Celui-ci n’est ni une affaire de discours, de programmes ou de quelques prévisions que ce soit, il est tributaire de pratiques et de modalités d’exécution. L’Etat a pour vocation de gouverner, de changer, de transformer dans un contexte qui ne cesse de se complexifier et de se compliquer. Le changement relève d’une capacité d’adaptation et d’amélioration constante de pratiques en œuvre. Gouverner, c’est savoir s’adapter, innover, transcender, oser ; c’est surtout savoir trouver des solutions aux problèmes qui se posent. Le constat aujourd’hui est que l’art de gouverner devient un exercice difficile et parfois incertain en raison des risques et des crises qui affectent les équilibres économiques et sociaux (déficit budgétaire, dette, pouvoir d’achat, inflation, sécurité, chômage etc.). Dans de nombreux secteurs d’activité et de revendications sociales, des décisions douloureuses et courageuses s’imposent que seuls des grands hommes sont capables de prendre au risque de devenir impopulaires ou d’être mis hors champ politique. Le cas de Schröder en Allemagne est toujours présent dans l’esprit des réformateurs.

Le discours de la gouvernabilité ne semble plus se contenter d’un apprentissage collectif (gouvernance), mais il doit inventer des pratiques pertinentes et adéquates ; car si on réduit la fonction de l’Etat à sa « gouvernance » on peut lui faire perdre son statut d’unique institution capable d’organiser la vie de la société et on remet en cause son caractère souverain.

C’est pourquoi le concept de gouvernementalité rend acte d’une situation d’action, de décision et de production de pratiques performantes, évolutives et adaptées.

Le terme « gouvernementalité » permet alors de scruter les pratiques politiques en cours dans toutes leurs dimensions, y compris idéologique. Il permet d’observer et d’interpeller l’art de gouverner et les pratiques qui s’en suivent. Tout en étant producteur de normes et de lois, le gouvernement devient un processus qui cherche à influer le comportement et à transformer les 3 situations. Il s’infiltre dans le social et la vie des citoyens, réduisant la frontière entre le politique et le non politique. Il renvoie à l’instauration d’une rationalité politique supérieure issue d’un modèle d’analyse basée sur les techniques de gouvernement, les actions à entreprendre et les pratiques qui constituent la matérialité tangible de l’Etat.

L’humanité se trouve aujourd’hui face à un examen critique de ses moyens de gouverner en vue d’apporter du renouveau aux pratiques usuelles pour en inventer d’autres à la mesure des enjeux socio-économiques et de la complexité des temps modernes. Les recettes du passé, les pratiques de planification, les modes de raisonnement, de gestion et de décision, appliqués jusqu’ici, ont perdu de leur efficacité. Nous avons l’impression qu’on a tout essayé ou presque, sans succès, et que tout reste à inventer ou à réinventer pratiquement dans tous les domaines : la finance, la fiscalité, l’urbanisme, la justice, l’éducation, la médiation, la décentralisation, la planification, la programmation, l’investissement, la santé, le tourisme, la culture, le dialogue social, la démocratie associative, la coordination, le partenariat, le terrorisme, l’immigration, les risques et les crise, et d’autres domaines encore, …

Si les utopies du 19e siècle étaient pleines de promesses de salut, d’égalitarisme, de salubrité et de sécurité, le 20eme et le 21e  siècles ont énormément compliqué ces tâches et les crises ne cessent de se suivre et se poursuivre sous nos yeux. Nos gouvernants ne savent plus où se donner la tête et comment y procéder pour répondre aux urgences et aux pressions multiples auxquelles ils sont soumis, comme s’il était demandé à l’intelligence humaine de tout réinventer. Cela est d’autant plus vrai que certaines pratiques politiques, administratives, juridiques et financières ont conduit certains Etats à la banqueroute ou carrément à la désintégration (Grèce, Portugal, Espagne Lybie, Irak, Yémen, Syrie, etc.).

De ce fait, tous les Etats du monde sont invités à relever le défi du renouveau et de modernisation des pratiques de gouverner. L’art de gouverner exige aujourd’hui aussi bien l’amélioration des circuits fonctionnels du pouvoir que l’invention de nouvelles pratiques de gouvernement. Ceci met en relief toute l’importance de la question de la réforme et du réformisme. C’est un processus qui devient de plus en plus épineux et difficile en raison de la complexité des attentes, de l’imbrication des intérêts et des revendications multiformes des populations. Le compartimentage classique, droite-gauche, a perdu toute sa signification et sa légitimité ; le réformisme n’a pas de couleur politique ; il n’est ni de droite, ni de gauche, il est efficace ou ne l’est pas. Les voies du réformisme sont à réinventer. Elles dépendent de surcroît des réajustements profonds au niveau de la pratique politique et des facteurs déterminants liés à la compétence, à la maîtrise de la connaissance, à l’instauration d’un leadership supérieur, à la 4 libération de l’imagination, à l’audace politique et à la capacité des acteurs publics à comprendre et à transformer leur environnement immédiat. L’objectif étant de créer les conditions favorables d’un développement maitrisé et soutenable au service de l’humain, car le rôle de l’Etat en définitive n’est autre que d’assurer le bonheur de la cité et des humains. L’art de gouverner est celui qui sait rendre l’humain heureux ; cela nous renvoie naturellement à la réforme des pratiques de négociation, de représentation, d’écoute, d’anticipation, de communication, de mobilisation, de suivi et d’évaluation.

Ce colloque se veut être à la fois analytique et prospectif. Analytique pour évaluer les pratiques en cours et leurs effets sur le changement. Prospectif pour réfléchir sur de nouveaux instruments ou de nouveaux leviers pour réformer l’action publique et mettre en œuvre les fondements assurés d’un changement durable aux résultats positifs et tangibles. Il faut donc être très attentif aux changements qui affectent le monde et avoir le regard fixé sur l’avenir.

« Changer, disait Michel Crozier, c’est juger le passé et choisir pour l’avenir ».

Encore faut-il que la gouvernementalité soit entre les mains de « pilotes éclairés » et une société réceptive au changement

Je serai très heureux de vous inviter à prendre part à ce colloque par une intervention de votre choix ou à partir des points suggérés dans les axes que vous trouverez en annexe à titre indicatif.

Tout en vous priant d’assurer une large diffusion de cet appel à communication autour de vous ou auprès des personnes ressources, reconnues et qualifiées, que vous connaissez, je ne manquerai pas de vous tenir informé des préparatifs de ce colloque et de son déroulement, et vous prie de croire, mes cher(e)s collègues, mes cher(e)s ami(e)s, à l’expression de mes salutations les meilleures.

    Ali SEDJARI

Président du GRET

Titulaire de la Chaire UNESCO des Droits de l’Homme

Gouvernances Risques et Crises

Colloque International du CRET

Gouvernance:Risques et Crises

fichier pdf Rapport introductif

Avant-propos

« Gouvernance, risques et crises », un thème qui nous est imposé par l’actualité, souvent tragique, et dans un cadre beaucoup plus large des grandes mutations et des incertitudes que nous connaissons depuis plus de trois décennies. Depuis les années quatre-vingt, en effet, nous sommes entrés dans ce qui est communément appelé la « société de risque » qui marque un basculement de la rationalité des sociétés contemporaines et modifie complètement les données classiques de l’action publique. L’Etat est dépassé, les sociétés sont perturbées, le monde est débosselé, l’angoisse fait partie de notre quotidienneté.

Lorsque les risques deviennent nombreux, lorsque les crises se multiplient et dégénèrent, lorsque tout concourt à la catastrophe et à des inquiétudes diverses, lorsqu’on assiste à la faillite d’un système de vérité, la complexité du réel a besoin du débat, de investigation, des analyses, du dialogue, du partage de la connaissance et du savoir, de l’écoute des professionnels et des experts, d’une réflexion commune pour savoir où l’on va. Lorsque la crise devient un phénomène récurrent et cyclique, lorsque les risques font vaciller des systèmes et des certitudes, créant des désordres dans les actions et les comportements, le débat devient urgent et crucial pour entreprendre une réflexion collective sur les voies et les moyens pour s’en sortir, pour éviter le chaos, pour maîtriser les évolutions et réduire les incertitudes.

Ce contexte de crises et de risques n’a pas simplement afecté les Etats et les nations, mais, plus globalement encore, il a contribué largement au « renversement du monde », selon la formule de Henré Juvin, et à effondrement des certitudes classiques.

Quelles qu’en soient ses manifestations, la crise est, à cet égard, résolument et puissamment politique. D’abord, parce qu’elle bouleverse les données classiques de la gestion publique, ensuite, parce qu’elle pose à l’évidence des questions de pouvoir et donc de gouvernance.

 

Nous voyons se dérouler sous nos yeux des situations d’inquiétude et de menaces réelles, partout dans le monde, y compris dans les pays qu’on croirait solides durablement (Espagne, Portugal, Grèce, etc.). Le monde a peur, les sociétés sont désorientées, les esprits angoissés, personne n’est à l’abri, et le discours sur la crise est omniprésent, combinant angoisse et apaisement, promesses et ajustements. Nous sommes dans un commencement de quelque chose dont on ne sait pas encore comment l’appréhender et, plus exactement, comment le gérer. Qui avait pensé que nous allions vivre des moments de rupture et d’inquiétude généralisées ? Qui avait prévu que le progrès humain générerait plus d’angoisse que d’espérance ? Qui avait pensé que les grandes puissances économiques seraient fragilisés et mises parfois en faillite ? En tout cas, nous sommes passés d’un monde de confusion généralisée à un monde de ruptures, de dislocations et de séparations, rendu plus violent, plus confus et plus cruel par la difusion mondiale d’une pensée de crise, ou plus exactement d’une politique de crise génératrice de désarroi et d’angoisses.

Les démocraties contemporaines sont interpellées dans leur façon d’être et d’agir. Crise de la démocratie, cela est une évidence, mais surtout crise de la gouvernance, cela est une réalité. Le devoir d’intelligence, c’est-à-dire de rupture avec les idées reçues et les certitudes acquises, doit réparer la faillite de l’intelligence face à un monde qui a perdu ses repères et sa raison. Il exige un immense efort de synthèse des savoirs et des expériences, permanent et fécond, une organisation eficace des systèmes de gouvernance et un dialogue démocratique, franc et loyal.

Ce livre est une contribution au débat pour ces temps de risques et de crises. Il regroupe des réflexions pertinentes et des idées percutantes formulées avec beaucoup de talent et de générosité, par des experts et des chercheurs venus de plusieurs pays du monde et d’horizons scientifiques divers pour réfléchir sur les enjeux cruciaux de notre monde, pour savoir comment les gérer et surtout comment les inscrire dans ce qu’Edgar Morin, après d’autres, a appelé « la nécessité de retrouver un principe d’espérance ». Principe d’espérance auquel il faut conférer la même importance qu’au principe de responsabilité. Plus les crises et les risques se multiplient, plus les éléments d’angoisse sont importants, et plus ces questions de l’espérance et de la responsabilité deviennent décisives. Ce qui renvoie le débat sur les questions de gouvernance et des modes opératoires à mettre en œuvre permettant de survivre, en particulier aux risques de désordres sociaux et politiques, de faillite, de déclin.

Ce livre est très riche en idées, en propositions et en argumentation. Il est structuré autour d’une idée centrale : comment repenser l’action publique pour mieux gérer les risques et les crises et préparer l’avenir ?

Je voudrais à ce titre remercier vivement tous ceux et celles qui se sont associés à cette réflexion collective et qui, chacun et chacune à leur façon, avec beaucoup de compétence et d’expertise, ont enrichi la collection du GRET et ravivé le débat.

Naturellement, cet ouvrage n’aurait pu voir le jour sans le concours financier et moral de ceux qui nous ont accompagnés dans cette belle aventure scientifique à savoir la Fondation Hanns Seidel et la Fédération nationale des offices publics de l’habitat (France). Qu’ils retrouvent ici, tous les deux, ma reconnaissance et mes remerciements les plus profonds.

Rien ne peut changer enfin sans une véritable révolution dans la gouvernance du chaos du monde : même s’il n’existe aucune recette prédéfinie, sans doute faudrait-il parler à tout le moins de la nécessité d’une conscience planétaire et globale pour coordonner les efforts et réduire les marges d’incertitude. Il y va de notre devenir collectif. A ceux qui sont aux commandes de s’organiser, d’agir et d’assumer leur pleine responsabilité.

Ali Sedjari

 

Rapport introductif

Risques et crises
Comment adapter la
gouvernance ?

Ali SEDJARI

« La crise, c’est lorsque l’ancien monde ne parvient pas à mourir et que le nouveau monde n’arrive pas à naître. » Gramsci

Il est inutile de justifier le choix de ce thème dans cette nouvelle livraison scientifique du GRET, tellement la problématique des crises et des risques est au cœur des préoccupations de nos sociétés contemporaines et des interrogations sur les modes de gouvernance opérationnels. L’actualité, en efet, depuis plus de trente ans déjà, nous force à constater que nous sommes périodiquement placés sous le choc et la menace permanente d’une multitude de crises et de risques : crise économique, financière, politique, sociale, culturelle, démocratique et même morale ; risques climatiques, environnementaux, technologiques, sanitaires, nucléaires, etc., qui nous rendent la vie dificile en raison des inquiétudes et des anxiétés qu’ils génèrent et des brouillages des visions de chacun. Dans ce contexte, l’Humanité s’est trouvée – et se trouve encore – face à la nécessité de gérer et de maintenir les équilibres fondamentaux tout en cherchant les voies et les moyens pour réduire les dégâts des risques et maîtriser les efets, souvent désastreux, des crises comme celles que nous connaissons aujourd’hui.

Il va sans dire que l’analyse des risques et des crises, dans leurs complications et leurs conséquences imprévisibles, exige un regard pluridisciplinaire pour mieux décortiquer les contextes de leur émergence,

 

 

les impacts qui en découlent et les réponses à leur apporter. Les exigences en matière de protection et de sécurité face aux efets des risques et des crises sont croissantes. Le réflexe des citoyens est de se retourner vers leurs gouvernements pour des solutions, ce qui demeure l’action collective la plus porteuse d’espoir consistant à prospecter des chemins vertueux pour renforcer les capacités de résilience des organisations, tant publiques que privées, et se doter d’un bon système de gouvernance.

C’est dans cet esprit que la question de la gestion des risques et des crises prend toute son acuité et sa gravité. Le réalisme se situe de ce côté, parce que les formes de gouvernance dominantes aujourd’hui dans le monde, politique, économique et financière, viennent de démontrer leur incapacité radicale à résoudre les urgences sociales, politiques, économiques et écologiques, c’est-à-dire à répondre aux besoins fondamentaux de l’humanité, de toute l’humanité.

S’agissant des risques, comment faire la part entre ce qui nous échappe (tremblements de terre, éruptions volcaniques, tempêtes, inondations, etc.) et ce qui peut être imputé à des politiques ou absences de politiques d’urbanisation, d’industrialisation, d’aménagement du territoire, de stratégies économiques, de développement durable ?

S’agissant des crises, politiques, d’abord, comme celles qui secouent aujourd’hui toute une partie du monde, en l’occurrence le monde arabe, et dont les conséquences sont imprévisibles, économique et financière, ensuite, comme celles qui fragilisent certains pays de l’Europe et de l’Amérique, crises morale, sociale et culturelle, enfin, qui mettent en péril les valeurs et la civilisation humaine. La question est de savoir quelles sont les réponses à leur apporter et quelles réformes il faut préparer. Comment la crise est gérée ici et là ? Comment accompagner le changement profond et parfois la rupture radicale entamée ? Y a-t-il un mode d’emploi ? Quels sont les dynamiques et les enjeux de la réforme qui s’opèrent à l’horizon, et comment réussir ? Que faut-il faire pour rassurer la population, éviter la faillite des systèmes économico-financiers ou carrément des transitions incertaines ? et tout simplement comment survivre aux risques et aux crises ?

Ainsi apparaît tout l’intérêt d’une réflexion collective aux regards croisés et aux expériences vécues pour enrichir le débat et savoir comment penser,

 

réagir et répondre à l’urgence sociale dans le cadre d’une transition vers un système authentiquement démocratique et écologiquement soutenable.

Aussi, le constat que l’on peut faire aujourd’hui est que les risques et les crises sont dans une logique d’interconnexions complexes entre les diférentes parties du monde. Et l’on assiste de plus en plus à un phénomène de globalisation de la crise, dont les multiples dimensions s’emboîtent et se renforcent mutuellement :

–      financière , par ce que l’instabilité du système est chronique ;

–      sociale , parce que les jeunes, les femmes et les travailleurs du monde

revendiquent une amélioration de leurs conditions de travail, de statut

et d’existence ;

–      écologique , parce qu’aux pollutions et à l’épuisement des ressources

s’ajoutent le réchaufement du climat et la désertification rampante ;

–      géopolitique parce que les tensions internationales, loin de se résorber

après la chute du Mur de Berlin, se sont ravivées ;

–      démocratique , parce que les dictatures, les tyrannies et les maîtres du capital financier sont ouvertement contestés, mis en cause et appelés à revoir leurs stratégies et leur manière de “manager” la mondialisation.

Si les risques et les crises, dans leur diversité et leur complexité, nous renvoient à la question principale, celle de savoir comment gérer l’avant et l’après, d’autres questions aussi importantes les unes que les autres nous interpellent : les crises et les risques sont-ils des situations ponctuelles ? Comment émergent-ils des défaillances organisationnelles ? Comment réagir et s’adapter à ces situations limites et hors normes ? Comment rétablir la confiance et renforcer la résilience des organisations ? Comment appréhender les incertitudes et les menaces qui mettent en péril la cohésion sociale et l’équilibre stratégique ? Comment gérer les désordres et la confusion générés par les risques et les crises ? Comment concilier croissance et sécurité, cohésion sociale et paix mondiale ? Comment éviter que les risques et les crises tournent mal ? Y a-t-il un mode d’emploi pour retrouver l’équilibre, la paix et la stabilité après une révolution ou des mouvements de déstabilisation, comme c’est le cas aujourd’hui dans certains pays arabes ? Quels sont les dynamiques et les enjeux de la réforme qui s’opèrent à l’horizon, et comment réussir ? Que faut-il faire pour rassurer la population, éviter la faillite des systèmes économiques et financiers ? Comment réussir le challenge de la transition démocratique ? Quel est le rôle des médias dans l’analyse des faits et celui des forces de l’ordre

 

dans le maintien de la paix ou de la gestion de la transition ? Quelles sont, globalement parlant, les attitudes à adopter dans ce genre de situation ?

Par ailleurs, face aux crises économiques, financière et politiques qui secouent de nombreux pays du monde, n’est-ce pas alors la fiabilité de la gouvernance, sa crédibilité et celle des gouvernants qu’il faudrait mettre en cause ? Rappelons-nous l’idée de constituer un « ordre mondial » émise pendant les années quatre-vingts et que certains ont mis sur le devant de la scène. On sait où cela a conduit. Ne faudrait-il pas, dans ces conditions, repenser radicalement les modes de gouvernance et le choix de ceux qui sont habilités à les exercer ?

Dans un contexte de risques et de crises à répétition, le plus sûr est d’admettre que nous n’en savons rien. La conduite la plus rationnelle, face à un niveau d’incertitude déroutant pour des régions si explosives, serait de calmer le jeu, de retrouver la normalité et d’apaiser les tensions en essayant de dissocier autant que possible les crises nationales des grands enjeux stratégiques et de disposer d’une audace suffisante pour une gestion efficace et apaisée de la transition.

Les conséquences d’une crise sont assez connues : elles touchent les hommes, l’environnement, l’économie, la société, les modes de gouvernance, les infrastructures vitales, l’activité et la survie même d’une entreprise, les systèmes politiques et affectent sérieusement la capacité de réaction des organisations en termes de ressources disponibles, d’exécution de décisions ou de recherche de solutions. Sur le plan humain, une crise, souvent apparentée à un épisode chaotique, comme c’est le cas aujourd’hui dans beaucoup de pays (Grèce, Espagne et surtout le Monde arabe…) provoque des craintes et des confusions, des incertitudes, du stress, des grèves à répétition, des manifestations violentes et biaise le jugement des acteurs qui, parfois, se demandent où porter leur regard.

Face à ces situations, trois niveaux d’analyse méritent, de notre point de vue, un examen tout à fait particulier .

– Celui du leadership d’abord, c’est-à-dire que la gestion des risques et des crises pose un problème de pilotage et de commandement de la part d’une autorité disposant de tous les atouts nécessaires pour assurer une bonne gouvernance du système. Le leadership est un exercice intellectuel

 

qui nécessite le savoir-faire, le savoir-agir et le savoir-mobiliser afin d’assurer un retour à la normale, diminuer les vulnérabilités, l’attente des organisations et l’angoisse des populations. C’est aussi un exercice politique qui exige une capacité d’action, de proposition, de décision et d’audace pour éviter le chaos et l’enlisement.

– Celui de la confiance ensuite, car les crises et les risques entraînent fatalement une perte de confiance de la population à l’égard de ses institutions grandement amplifiée par une médiatisation accrue des angoisses. En effet, l’augmentation de la somme des connaissances disponibles engendre une perception exacerbée des populations différente de la réalité, ce qui pose un problème fondamental de l’usage des moyens de communication et d’information.

Les crises et les risques engendrent par ailleurs le doute, la peur et la crainte, entraînant par là une fragilisation des institutions. Dans ce cas, le rôle de l’Etat est déterminant : il doit rassurer. C’est un capital inestimable qui mérite la plus grande attention et que l’on peut facilement faire fructifier, car comme le dit Warren Bufelt : « Il faut vingt ans pour bâtir une réputation et cinq minutes pour la détruire. »

La confiance constitue une compétence incontournable dans un monde que personne ne peut maîtriser ni même parfois prévoir, et la question est de savoir comment inspirer la confiance. D’abord, il est essentiel de tenir ses engagements, exécuter ses décisions, reconnaître ses erreurs et surtout les corriger. Il s’agit ensuite de savoir affronter les réalités, éviter les non-dit, et savoir trancher lorsque la situation l’impose.

– Celui de la résilience enfin : ce concept sous-entend la capacité de se relever après un choc ou une perturbation et de développer de nouvelles capacités propres à l’organisation. La connaissance à la fois des crises et des risques et de leur propre organisation est un gage de l’amélioration des pratiques de gestion et d’augmentation de la résilience. Car le principe même d’une organisation publique est d’être capable de résister aux changements brutaux et aux crises. Mais, dans une perspective évolutionniste, il doit être aussi capable de s’adapter et d’évoluer dans un environnement qui devient de plus en plus incertain et fluctuant ; ce qui renvoie tout simplement au renforcement de la capacité d’apprentissage de toutes les organisations. On retrouve ici le concept d’organisation apprenante, développé pour l’entreprise

 

par Michel Crozier. L’organisation n’a pas d’autre choix que d’être résiliente face à la crise, sinon c’est la mise en péril des objectifs prioritaires et de la stabilité des organisations.

Face aux situations chaotiques ou aux plus graves difficultés générées par les risques et les crises, nous avons le choix entre deux options : soit baisser les bras et subir le sort des victimes, soit faire quelque chose et sortir le pays du chaos.

Au cœur de cette équation se pose la question lancinante de la gouvernance et de la manière de “manager” les situations de crise et de risques. Celle-ci touche un ensemble complexe d’institutions, de mécanismes et d’outils pour mieux anticiper et gérer les risques et les crises au moment de leur survenue. En ce sens, on ne peut parler de gouvernance des risques et des crises, avant ou après, que si les responsabilités sont partagées et mieux réparties, que si les conditions de vulnérabilité sont levées et que les demandes sociales sont traitées avec plus de diligence et de fermeté. La coproduction de la sécurité ne se décrète pas ; elle doit s’organiser dans un système de bonne gouvernance démocratique et d’un management de qualité.

Pour conclure, il va falloir insister sur le fait que si la crise est un mouvement générateur de désordre et de dommages, voire même de panique et de chaos souvent considérables, si elle déclenche une situation de rupture, elle peut être source de rénovation, d’innovations fortes et de décisions stratégiques nouvelles. La crise peut avoir un effet salvateur pour aller de l’avant, dépasser les blocages, trouver des issues de sortie et procéder à des ajustements dans tel ou tel secteur dès lors que les organisations savent exploiter leur potentiel intellectuel et professionnel. Autrement dit, elles font appel à l’usage de l’intelligence et à la capacité professionnelle et intellectuelle des décideurs et des managers.

Comme on le voit, notre avenir suppose une nouvelle forme de légitimité et de référentiel d’essence démocratique pour une gouvernance au service du développement, du progrès, de la paix, de l’égalité et de la cohésion sociale dans le monde. Seule une alliance large entre les forces de transformation sociale progressiste à l’échelle internationale permettra d’atteindre cet objectif. C’est l’objectif de cette publication qui propose toute une lecture scientifique enrichie de tous les savoirs disciplinaires des chercheurs, des juristes, des sociologues, des philosophes, des institutionnels, des policiers, des experts, civils et militaires. Ce livre constitue une contribution au débat sur les risques et les crises qui perturbent l’agenda de tous les gouvernements du monde et imposent de nouveaux modes de gestion et de gouvernance pour réagir et répondre à l’urgence des demandes sociales et des revendications démocratiques.

Dans ces situations, nous devons avoir conscience que chacun d’entre nous a des responsabilités dans le domaine des risques et des crises, que ce soit dans notre rapport à la nature, à l’environnement, à la technologie ou carrément à la manière de gouverner notre société.

La gestion des crises et des risques est à ce titre un indicateur important du niveau des formes de gouvernance dominantes dans une société.

Face aux dangers de la prochaine décennie, ceux qui voudront survivre devront admettre qu’ils doivent compter sur eux-mêmes et sur leur potentiel créateur d’idées, d’innovations et de savoir-faire ; et que toute menace est aussi pour chacun une opportunité, le forçant à repenser sa place dans le monde, à accélérer des changements dans sa propre vie, à mettre en œuvre une politique, une éthique, des comportements, des référentiels, des exigences et des modes de gestion radicalement nouveaux et rigoureux, c’est-à-dire un système de bonne gouvernance qui créerait un nouveau modèle de régulation de l’action collective et une réadaptation des outils de gestion pour affronter la complexité des temps modernes et les incertitudes de l’avenir.

 

APPEL A COMMUNICATION

APPEL A COMMUNICATION icone_newfichier pdf 18eme_colloque_Appel          fichier pdf Fiche de participation

18ème  colloque international du GRET et de la Chaire UNESCO des

droits de l’homme

Marrakech     17 et 18 avril 2013

  Droits humains et développement des territoires :

Vers un nouveau modèle de gouvernance
 

APPEL A COMMUNICATION

 Chers (es) collègues, chers (es) amis (es) ,

Notre rendez-vous annuel se tiendra l’année prochaine à Marrakech, les 17 et 18 avril 2013 avec l’appui de nos partenaires traditionnels la Fondation Hanns Seidel , les Offices Publics de l’Habitat (France) et d’ autres qui se joindront à nous notamment Sup de CO de Marrakech dont une partie du colloque sera organisée dans ses locaux.

Le thème que nous avons choisi pour cette rencontre nous est dicté par des considérations multiples et plus particulièrement par la corrélation étroite qui existe entre droits humains et développement des territoires :

-       Les droits humains ne cessent de prendre de la teneur pour être les référents de base pour une politique de citoyenneté et un facteur décisif pour la promotion de la démocratie et le développement de nos sociétés. Partant de ce constat,  il est impossible de faire du développement sans la consécration et le respect des droits humains. Droits humains et développement vont de pair ; l’un ne va sans l’autre. Aussi, droits humains et développement ne font pas l’apanage de simples commentaires politiques ou d’une description normative, mais relèvent des actions concrètes, de mesures effectives et durables qui modèlent les comportements et produisent de nouveaux liens de sociabilité et d’enracinement de la culture citoyenne.  Chacun sait que partout dans le monde,  les Etats se dessaisissent progressivement de leurs fonctions pour les concéder aux territoires, considérés comme lieux privilégiés de proximité et de participation à la vie publique. C’est dans ces lieux  en effet où se fabriquent  des politiques publiques et où s’exerce la démocratie de proximité et de développement du bien-être, individuel et collectif. Il apparaît aujourd’hui de plus en plus évident que les questions de l’espèce humaine et du respect des droits humains ne peuvent être réglées qu’à l’échelle des territoires. D’où la nécessité d’une réflexion approfondie sur les voies et les moyens, les outils et les mécanismes pour faire des territoires les lieux de changement et de requalification de la vie sociale et politique.

- Le territoire prend de plus en plus une importance toute particulière pour l’expérimentation des politiques de développement et de promotion  sociale, politique, économique, culturelle et morale. Au regard des mutations politiques contemporaines et des facteurs multiples qui affectent le changement dans le monde, le territoire  est devenu un acteur stratégique de développement et une valeur fondamentale pour donner du sens  aux droits humains. C’est dans un village, dans une ville, dans une communauté ou dans un quartier que la valeur  développement prend de la consistance, et c’est dans ces lieux que les citoyens vivent et aspirent à une vie digne, paisible, sécurisée, solidaire et épanouissante. Le territoire est le lieu de la dignité quand il offre aux citoyens les conditions de jouissance de leurs droits. C’est aussi l’école de la démocratie, comme  l’avait si bien dit Tocqueville,  mais il est aussi le laboratoire de sédimentation et d’expérimentation des politiques de développement et de promotion des droits humains.

Comment faire et y procéder ? Comment organiser les pouvoirs territoriaux dans une perspective de développement  des droits humains ? Comment faire l’articulation entre droits humains et droit au développement ? Comment élaborer et conduire des politiques territoriales qui donnent de la matérialité aux droits sociaux fondamentaux? Comment l’action territoriale favorisera-t-elle l’éclosion d’une citoyenneté active, agissante et valorisante ? Comment valoriser l’action humaine et solidaire dans un territoire donné ? Comment réduire les marges d insécurité, de discrimination et de dislocation sociale ? Comment faire des territoires un lieu de cohésion sociale et de compétitivité politique innovatrice à travers le prisme des droits humains ? Comment réorienter les politiques de décentralisation et de régionalisation vers des objectifs quantifiés de développement humain ? Comment intégrer les territoires dans les objectifs du millénaire fixés par les Nations Unies ? Comment reconsidérer la philosophie de l’Initiative Nationale Développement Humain (INDH) dans l’expérience marocaine ?

Autant de questions qui montrent toute l’actualité et l’importance de la thématique dans un monde qui fait du développement humain une priorité et une urgence pour réduire les facteurs de dislocation , de rupture, de pauvreté , de violence et de fractures. Le monde ne cesse de s’enrichir en termes d’idées , de ressources, d’inventions et d’innovations technologiques mais  le progrès génère hélas des déséquilibres et des inquiétudes multiples dus principalement au non respect des  droits humains, lesquels imposent de nouvelles formes de gouvernance et d’innovations importantes dans la conduite des politiques publiques. La démocratie locale est à l’honneur, encore faut-il inventer de nouvelles pratiques et de nouvelles normes pour une représentation politique performante et une responsabilisation effective des acteurs publics et privés, de manière à tisser de nouveaux liens et à rétablir la confiance entre les institutions et les citoyens. Le projet de la   régionalisation avancée  prospecte la mise en place d’un nouveau modèle de gouvernance territoriale où les droits humains seront respectés et appliqués. La lecture ou l’analyse d’autres systèmes comparatifs pourrait être très intéressante à cet égard.

La nouvelle constitution marocaine de 2011 opère aussi des orientations nouvelles dans la conduite de l’action publique en général et celle des territoires en particulier. Deux choses retiennent l’attention : d’une part, la confirmation des droits humains dans leur pluralité, et d’autre part la valorisation du territoire par l’affirmation de nouveaux concepts d’organisation, de management et de conduite des politiques publiques. C’est une véritable révolution qui s’annonce en attendant la préparation d’une loi organique qui devrait décliner la nouvelle architecture des territoires et les nouveaux modes de gestion pour un territoire qualifié, pertinent et intelligent. Tout un programme qui mérite un accompagnement et des réflexions approfondies pour doter le système de plus de solidité, de résilience et d’efficacité.  De nouvelles stratégies doivent être confectionnées selon des approches novatrices et fondatrices d’un développement durable, harmonieux, équitable et réellement humain.

Restant à votre disposition pour toute information complémentaire concernant le déroulement du colloque, et dans l’impatience de vous rencontrer, je vous prie de croire, chers(es) collègues, chers (es) amis(es), à l’expression de mes salutations les meilleures.

Pr Ali Sedjari

Président du GRET(Groupement de recherche pour espace et territoires)

Titulaire de la Chaire UNESCO des droits de l’homme

 AXES DU COLLOQUE

  Ces axes n’ont pas la prétention de faire le point sur la question, mais sont présentés ici à titre indicatif , et chacun des participants est libre de faire des propositions en fonction de ses centres d’intérêt et de son expérience. L’objectif pour nous est d’organiser un débat pluriel faisant la synthèse  des recherches, des doctrines, des expériences et des pratiques pour que la rencontre soit utile et enrichissante.

I – Gouvernance territoriale et droits humains

  • Gouvernance et nouvelles modalités de gestion publique territoriale
  • La dimension territoriale des droits humains et de la démocratie
  • L’aménagement politique des territoires
  • Evolution des sociétés locales et nouvelles exigences politiques
  • Réalisation des droits humains dans les territoires
  • Les principes directeurs pour le développement territorial durable
  • La dimension spatiale des droits humains : pour une nouvelle culture des territoires
  • La gouvernance territoriale dans un monde en mutation
  • Les conditions de développement d’un système de gouvernance territoriale pour un développement humain solidaire

 

II – Politiques territoriales et droits humains

  • Le local à l’épreuve de la modernité et des exigences citoyennes
  • Identification de bonnes pratiques locales en faveur des droits humains
  • Politiques publiques territoriales et droit au développement
  • Principes d’une politique de planification, de programmation des espaces de développement humain
  • La question du genre en rapport avec les droits humains

 

III – Droits humains et droit au développement

  • Démocratie participative : modèles et enjeux
  • La place de l’éthique et du droit dans le développement des territoires
  • Action publique et mobilisation politique aux droits humains
  • Les nouveaux acteurs de sociabilité dans la protection des droits humains (associations, ONG,…)
  • Le rôle des médias territoriaux dans la protection des droits humains
  • Le rôle de la formation dans la mise en œuvre des politiques territoriales et le renforcement de la culture des droits humains
  • Développement des moyens d’accès à la formation et à la connaissance
  • Culture des droits humains et cohésion sociale
  • Les défis de la durabilité pour un développement humain solidaire
  • Renouvellement des méthodes de communication, de médiation et de dialogue social
  • Démocratie locale et contre-pouvoirs territoriaux
  • Le rôle de l’école et des systèmes d’éducation dans le développement territorial
  • Principe d’équité des territoires et droits humains

 

IV – Encadrement institutionnel, normatif et technique en faveur des droits

         humains

  • Le rôle de l’administration territoriale dans le pilotage des droits humains
  • Les nouvelles technologies au service de la bonne gouvernance territoriale
  • Le rôle des autorités locales et régionales dans la coopération internationale dans le domaine des droits humains
  • Dispositifs participatifs et modernisation de la gestion publique locale

 

Une table ronde sera réservée pour l’Ecole Doctorale des Juristes Méditerranéens (E.D.J.M.) et d’autres doctorants de Sup de Co Marrakech et facultés pour débattre de la question du rôle de la femme et de ses droits dans le développement territorial.

La séance sera animée par Mmes Leila Saade (professeur et Doyen de la Faculté de droit de Beyrouth) et Aouatif Derrous (Docteur en droit public- GRET et Chaire UNESCO des droits de l’homme- Faculté de droit-Agdal Rabat).

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